Du plus loin que je me souvienne j’ai toujours aimé le changement. Changement de décoration, de couleur de cheveux, de look, de meubles, de projets…changer point. De façon cyclique, périodique, mensuelle, annuelle, peu importe. Le changement m’a toujours apporté une très grande satisfaction. Symbole de renouveau, de création, de changement d’air, d’évolution, il m’a toujours inspiré et incité au dépassement.
Je viens d’une famille où très jeune, on m’a fait comprendre que la capacité d’adaptation était mon meilleur outil si je voulais survivre psychologiquement. Déménagements fréquents, nouvelle école en plein milieu d’année, nouveaux amis, environnement différent, changement de réalité et d’enjeux, j’ai dû rapidement accueillir le changement comme un allié. J’avais une mère nomade qui changeait fréquemment d’idées et d’ambition. Je peux affirmer sans honte aujourd’hui qu’elle m’a transmis son gène du changement! Je revenais de l’école et les meubles avaient changé de place, les murs de couleur ainsi que les projets de la famille . Ce qui peut être appelé « instabilité » pour certains a été transformé dans mon cerveau par « ajustement ».
J’ai lutté pendant des années contre cette nature au fond de moi. J’ai été longtemps étiquetée comme la fille qui ne se branchait pas. Qui essayait plein de choses sans vraiment savoir. Comme celle qui changeait d’idées comme elle change « de bobettes » comme ils disent! Parce que, disons-le, c’est mal vu « pas savoir » dans notre société. Rapidement à l’adolescence on nous enseigne à trouver LE métier, fonder une famille avec LA personne, « se placer les pieds » vite. Le classique : études, diplômes, travail payant, déménagement seul, rencontre de l’élu(e), maison, enfants, clôture blanche et chien, REER, exactement dans cet ordre. J’ai donc aspiré à atteindre cette stabilité, une ligne droite, un fleuve tranquille. Parce que c’était ça qui était « normal ».
Dans ma vingtaine, j’ai tellement perdu d’énergie à trouver MA voie. Pour montrer aux autres que je savais où j’allais, que j’avais une vague idée de ce que je voulais faire. Pour les rassurer, peut-être? Mais la réalité c’est que je ne me connaissais pas suffisamment pour savoir. La vie, pour moi, était un terrain de jeux, une multitude d’options, d’apprentissages et de possibilités. J’ai donc enfilé les études, les certifications, aussi différentes les unes que les autres et j’ai effectivement changé d’idées comme j’ai changé de bobettes, à travers les roulements de yeux de mon entourage qui semblait découragé de mon instabilité et de mes « bulles au cerveau ». La vérité, c’est que je voulais essayer, explorer, envisager pleins de choses pour mieux me connaître. Me planter, recommencer, tenter, me laisser guider, me « re-péter la gueule » même si c’était illogique pour certains.
Et aujourd’hui à 38 ans, j’ai pris une solide décision : accepter ma nature profonde. Je suis une fille qui aime le changement. Il me fait vivre, me stimule, me captive, m’inspire, j’ai besoin de lui. Et ce changement se transporte dans toutes les sphères de ma vie et il revêtit plusieurs synonymes comme; amélioration, ajustement, actualisation et renouvellement. Je suis comme ça, j’aime me remettre en question. Ça me permet d’évaluer si je fais les bonnes choses, si je suis en équilibre, si je fais les bons choix. Puis après, je rectifie et ces ajustements amènent des changements. Dans mes approches, mon savoir, mon offre de service, mon image…tout ce qui me permet de grandir. Tout est de passage, rien n’est définitif. Et c’est la beauté de la chose, la vie est trop extraordinaire pour se contenter d’un seul chemin.
Je ne suis pas instable, je suis créative. Je ne suis pas impulsive, je suis instinctive.
Je sais que dans 40 ans je vais encore changer les meubles de place à chaque début de saison (au grand désespoir de ma famille!) et je sais que je vais me laisser guider encore par l’idée que j’aurai eu dans mon lit à minuit et que le lendemain tout va « revoler » ! Je suis comme ça! Le fleuve tranquille, pour moi, il m’emmerde. J’aime les vagues, les défis, les challenges. Grâce à eux, je me sens vivante!
Je fais le plus beau métier du monde : amener les autres à embrasser le changement de façon positive pour les aider à se dépasser. Leurs proposer des options, les amener à voir les possibilités, les voir créer de nouvelles routes. Changer ses façons de voir les choses, de comprendre, de communiquer, de planifier, d’organiser, de ressentir, c’est toute ma vie. Finalement, ce changement, méprisé par beaucoup, aura été le moteur de ma vie toute entière, tellement que j’en fais un métier qui me passionne aujourd’hui.
Je vous le dis totalement assumée, je suis activatrice de changement et fière de l’être!